La Journée internationale de la femme, qui a lieu le 8 mars, a cette année pour thème « Egalité-parité, Réalité ? ». Etat des lieux et perspectives.
Etat des lieux
Depuis plus de 50 ans, les mouvements et associations de femmes mais aussi les gouvernements successifs qui se sont battus pour obtenir leur juste place dans la société ont permis des avancées majeures sur de nombreux aspects de la vie quotidienne des Françaises.
« Depuis 1972, ce ne sont pas moins de six lois qui ont posé des règles destinées à garantir la place des femmes dans le monde du travail. Cet arsenal législatif a été encore consolidé par la révision constitutionnelle de juillet 2008, la Constitution précisant désormais à son article 1er que « la loi favorise l'égal accès des femmes et des hommes aux responsabilités professionnelles et sociales ».
Néanmoins, si l'égalité entre les hommes et les femmes est désormais acquise en droit dans notre pays et si de nombreux progrès peuvent être constatés, il reste de nombreux domaines où cette égalité de droit ne s'est pas encore concrétisée. La représentation équilibrée entre les hommes et les femmes n'est pas encore atteinte en politique.
Dans la vie économique, malgré un niveau de formation égal voire supérieur à celui des hommes, les femmes restent éloignées des postes de décision et les écarts de salaire persistent autour de 19% dans le secteur privé.
Enfin, 10% des femmes sont encore victimes de violences au sein de leur couple.
Aujourd'hui, au-delà de l'égalité législative, le véritable défi est dans l'application quotidienne de cette égalité grâce à une politique plus volontariste.
Dans une lettre adressée aux femmes élues UMP, Xavier Bertrand, secrétaire général de l'UMP, apporte tout son soutien aux femmes qui s'engagent en politique et regrette que trop peu de femmes ne le fasse. "Devenir élue de la République" écrit-il, "est un choix qui nécessite une implication totale dans la défense des intérêts de sa « collectivité/circonscription », parfois emprunte de sacrifices personnels".
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Concilier vie professionnelle et vie personnelle : le défi des femmes du XXIe siècle
Un sondage CSA des 4 et 5 février 2009 montre que 34% des femmes, soit une femme sur trois, déclare avoir eu le sentiment d'avoir été victime de discrimination sur son lieu de travail parce qu'elle est une femme.
De la même manière, si aujourd'hui 81% des femmes de 25 à 49 ans ont une activité professionnelle, elles ne représentent que 7% des cadres dirigeants des 5000 premières entreprises de France et elles ne sont que 5% à siéger dans les conseils d'administration des grands groupes français.
Or une étude réalisée par McKinsey Companyy en 2007 montre, chiffres à l'appui, que la mixité constitue «un véritable enjeu de compétitivité pour les entreprises» : plus la présence des femmes est forte dans leurs instances dirigeantes, plus leurs performances financières s'avèrent bonnes.
Comment mieux faire ?
Nicolas Sarkozy a fait de la parité hommes/femmes dans le travail tant au niveau de la fonction que du salaire, une priorité. Depuis 2007, les ministres en charge de ces dossiers ont ainsi mis en place un certain nombre d'outils visant à rendre effectives les dispositions législatives.
- En novembre 2007, lors de la conférence tripartite sur l'égalité professionnelle et salariale entre les hommes et les femmes, des mesures ont été annoncées pour que les entreprises de plus de 50 salariés mettent en place d'ici à 2010, un projet de résorption des écarts salariaux entre les hommes et les femmes, sous peine de sanctions financières.
- Dans le nouveau statut d'auto-entrepreneur mis en place en janvier 2009, Hervé Novelli, Secrétaire d'Etat chargé du Commerce, de l'Artisanat, des PME des services et du tourisme, a fait une large place à l'entrepreneuriat féminin.
- Des délégations régionales et départementales aux droits des femmes et à l'égalité ont été créées. Le Service des droits des femmes et de l'égalité se compose de 230 agents, répartis entre une administration centrale de 50 personnes et un réseau déconcentré de 180 personnes implantées sur 104 points du territoire, y compris en Outre Mer, au sein de délégations régionales et départementales.
- Le 11 avril 2008, une « charte de parentalité en entreprise » a été présentée. Elle a pour but de faire reconnaître la parentalité au sein des entreprises par la mise en place de bonnes pratiques et d'un environnement mieux adapté aux responsabilités familiales. Signée par environ 70 entreprises, cette charte concerne aujourd'hui 1 million de salariés et doit améliorer plusieurs aspects de la vie en entreprise : des réservations de places en crèches, à l'aménagement des horaires, en passant par la mise à disposition d'un pédiatre une demi-journée par semaine ou de l'utilisation du compte-épargne temps pour le congé parental.
- Afin de faciliter la mise en place de charte de parentalité en entreprise, un Observatoire de la parité en entreprise a été lancé en novembre 2008. Ses principales missions : évaluer, à travers un baromètre annuel, les pratiques des employeurs en faveur de la conciliation entre vies professionnelle et personnelle, animer le partage des bonnes pratiques entre entreprises, notamment via le site internet qui diffuse les actions concrètes menées par les différentes sociétés, augmenter le nombre d'entreprises signataires de la Charte de la parentalité.
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Lutte contre les violences faites aux femmes
Aujourd'hui, une femme décède tous les trois jours sous les coups de son compagnon. Moins de 9% des femmes portent plainte pour violences conjugales même si ces dernières années, grâce aux campagnes d'information, plus de femmes osent le faire. Malgré cela, pour toutes celles qui le font, la crainte des représailles est omniprésente.
En 2007, devant l'urgence et la gravité de la situation, le Gouvernement a mis en place un plan triennal (2008-2010) répondant à quatre objectifs :
- Mesurer pour briser les tabous. Pour lutter contre ces violences il faut identifier et quantifier les actes afin d'en faire une meilleure diffusion publique pour aider ces femmes à oser en parler.
- Prévenir ces violences inacceptables. Un changement dans l'image portée sur les femmes, notamment dans les médias, mais également dans les quartiers auprès des jeunes est nécessaire pour mieux prévenir ces violences. Prévenir contre les violences sexistes commence à l'école.
- Coordonner tous les acteurs et les relais de l'action. Des moyens seront mis en oeuvre pour que chaque département puisse garantir une prise en charge globale et pérenne des femmes victimes. La formation des professionnels concernés par les violences faites aux femmes - professionnels de santé, travailleurs sociaux, conseillers familiaux... - sera renforcée.
- Protéger les femmes victimes et leurs enfants en tous points du territoire. Le cadre juridique autour de la protection des femmes est en train d'évoluer, grâce à de meilleurs dispositifs d'accompagnement. Les femmes victimes de violences sont désormais prioritaires dans les centres d'hébergement d'urgence. L'écoute et l'accueil des femmes ont été améliorés, notamment grâce à l'amélioration de la ligne téléphonique 3919 destinée aux victimes ou témoins de violences conjugales et qui reçoit 7000 appels par mois.
En octobre 2008, une grande campagne de communication sur les violences faites aux femmes a été lancée. Elle s'adresse non seulement à la femme victime ou potentiellement victime mais également à l'auteur de violences et aux témoins de ces actes. Un site internet www.stop-violences-femmes.gouv.fr/ a été lancé par Valérie Létard, Secrétaire d'Etat chargée de la Solidarité.
Il apporte une écoute, des conseils, des adresses, des témoignages, des recours à toutes les femmes qui s'estiment victimes de violences conjugales, de violences au travail, de mutilation ou d'agressions sexuelles.
Les chiffres de la violence
-En 2007, 166 femmes sont décédées sous les coups de leur conjoint
- 2% des femmes dénoncent des agressions et du harcèlement d'ordre sexuel
- 1 femme sur 10 est victime de violences au sein du couple
- Ces violences représentent un coût pour la société de plus d'un milliard d'euros
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Développer et renforcer la place des femmes dans la société
Dans son discours sur la politique familiale du 13 février 2009, Nicolas Sarkozy s'est prononcé en faveur d'une meilleure conciliation entre la vie professionnelle et la vie personnelle et a souhaité que le Gouvernement agisse dans deux directions :
- D'ici à 2012, 200 000 places d'accueil d'enfants supplémentaires seront créées. L'effort se portera également sur les procédures de garde. Ainsi, dès 2009, une assistante maternelle pourra garder 4 enfants au lieu de 3 auparavant. Les établissements de garde devront également élargir leurs horaires d'ouverture afin de mieux s'adapter aux emplois du temps des parents qui travaillent.
- Les partenaires sociaux devront être plus actifs en matière familiale. Aujourd'hui, seuls 2% des employeurs de plus de 20 salariés ont une crèche d'entreprise. Le Président de la République souhaite que les partenaires sociaux se saisissent de ce problème et utilisent avec les entreprises la « charte de la parentalité en entreprise ». De son côté, le Gouvernement aidera juridiquement et fiscalement les entreprises qui souhaitent mettre en place ce dispositif.
Nicolas Sarkozy a souhaité qu'une concertation sur le congé parental et le retour à l'emploi des personnes qui ont cessé leur activité pour élever leurs enfants soit lancée avec les partenaires sociaux.
Dans les quartiers, parce que la situation des femmes est difficile et que 50% d'entre elles sont au chômage, Brice Hortefeux, Ministre du Travail, des relations sociales, de la famille, de la solidarité et de la ville, a annoncé qu'il prendrait des mesures allant dans quatre directions :
- Améliorer l'apprentissage de la langue française.
- Améliorer la garde d'enfants dans ces quartiers pour permettre aux femmes de travailler.
- Développer de nouveaux programmes d'accès à l'emploi, notamment dans les métiers des services à la personne.
- Mettre en ½uvre des actions d'aide à la parentalité pour que les mères de famille de ces quartiers soient pleinement autonomes et puissent exercer dans les meilleures conditions leurs fonctions de parent.
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Egalité homme/femme : quel bilan pour l'Union européenne ?
Ces trente dernières années, l'Union européenne et le Parlement européen ont lutté activement en faveur de l'égalité des genres. De nombreux changements concrets ont ainsi vu le jour dans des domaines aussi variés que les conditions de travail, la discrimination ou la violence. Afin d'y parvenir, le Parlement européen dispose de nombreux outils dont le soutien des ONG.